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CONSEILLER MUNICIPAL DE TOULOUSE ET CONSEILLER COMMUNAUTAIRE DE TOULOUSE MÉTROPOLE

Gestion et tarification de l’eau à Toulouse des enjeux majeurs

Le dossier de la gestion de l’eau revient aujourd’hui à l’ordre du jour du Conseil communautaire de Toulouse-Métropole. La raison : la quasi-totalité des contrats de gestion de l’eau et de l’assainissement dans les communes de la Métropole, y compris à Toulouse, arriveront à terme à la fin de l’année 2019.

Il est impératif d’anticiper cette situation en l’envisageant comme une véritable opportunité de poser et de repenser tous les enjeux de ce sujet majeur.

À Toulouse, la gestion de l’eau est pour l’heure déléguée à un opérateur privé, Véolia, via un contrat de concession conclu en 1990. La privatisation de la gestion de ce bien commun de l’humanité constitue selon moi une profonde erreur. L'imminence du terme du contrat qui nous lie à Véolia depuis bientôt 30 ans, une durée excessive ayant interdit jusqu'ici toute réflexion sur une alternative possible, constitue une chance qui doit être saisie.

Nous avons donc demandé à la Métropole, désormais compétente dans ce domaine en lieu et place des communes depuis 2009, de reprendre en direct la gestion de l’eau. Malheureusement, certains éléments me font craindre que la majorité municipale se prépare à confier de nouveau la gestion de l’eau au privé.

Si nos inquiétudes s'avéraient fondées, nous nous opposerions fermement à ce projet en démontrant l’intérêt tout à la fois pour le contribuable et pour le service d’une gestion en direct de l’eau par la collectivité.

Pour l’heure, la seule question à laquelle la majorité municipale est tenue d’apporter des éléments de réponse clairs et concrets est celle de la méthode qui sera retenue pour débattre et trancher le sujet. Jean-Luc Moudenc, a indiqué vouloir comparer les deux modes de gestion, avec une étude qui sera réalisée sur l’organisation et le coût d’une gestion directe. Les délibérations proposées par la majorité municipale prévoient déjà pourtant dans le même temps le lancement des appels d’offre de délégation de service public. Ce lancement particulièrement précoce des marchés semble signifier que le choix est en réalité déjà opéré, d'où les craintes que j'ai exprimées plus haut.

Seconde critique de ces délibérations, rien n’est prévu à ce stade concernant l’organisation d’une grande concertation citoyenne sur la gestion de l'eau que j’appelle de mes vœux, comme l’ont fait ces derniers jours plusieurs associations. L’eau est un sujet majeur qui nous appartient et nous concerne tous.

Enfin, de grandes innovations notamment sociales peuvent être engagées dans ce domaine. Dans cette optique, je veux formuler ici une proposition.

L’eau est plus qu’un bien commun de l’humanité, c’est un bien vital de l’humanité. Dès lors, je souhaite que soit étudiée la mise en œuvre d’une tarification sociale de l’eau permettant d’apporter aux ménages les plus précaires une aide financière pour régler leurs factures (concernant les premiers m3 indispensables à la vie).

Ce dispositif aurait en outre des vertus sur le plan environnemental car la progressivité de la tarification pourrait permettre de différencier le prix de l’eau en fonction de la consommation : ainsi, l'eau consommée pour des besoins vitaux tels que boire ou se laver serait moins chère que l'eau destinée à l'arrosage des jardins ou le remplissage des piscines.

 

Romain Cujives

Conseiller municipal de Toulouse

Conseiller communautaire de Toulouse métropole